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#648

Editions Folio

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Nous avons reçu vos questions essentiellement par mail et sur les réseaux sociaux, et nous vous en remercions! Voici les réponses de Jérôme Garcin à propos du Voyant.

Je voudrais savoir quelles intentions se cachent derrière cette biographie ? Est-ce juste par intérêt purement historique, pour glorifier une figure de la résistance et quelqu’un qui n’a pas renoncé face aux méandres de la vie, ou peut-on y voir un message pour les lecteurs ? Un peu comme un exemple…
C’est drôle, parce que je ne vois pas Le Voyant comme une biographie. Raconter la vie de Jacques Lusseyran était moins important pour moi que de montrer, à travers son histoire foudroyante, pourquoi il est si actuel, pourquoi il nous est nécessaire, pourquoi on a besoin de lui. C’est un homme que rien n’a jamais abattu : ni la cécité ni la déportation ni l’exil, et qui a toujours opposé à l’adversité une joie de vivre, une espérance et surtout une morale exemplaires. Des tragédies, notre monde en connaît aujourd’hui. Pour les affronter, Lusseyran, cet aveugle qui voyait mieux que les bien-voyants, reste un modèle. C’est cela, le « message » dont vous parlez, que j’ai voulu inscrire dans ce livre.

J’aimerais savoir ce que cela vous fait de savoir que vous allez être lu par un public de lycéens ?
C’est, pour ce livre en particulier, très important. C’est même capital. Qui mieux, en effet, que des jeunes pour comprendre comment et pourquoi un lycéen de 17 ans, n’écoutant que lui-même, a pu décider, malgré son handicap, de faire de la Résistance et, au péril de sa vie, d’unifier ses camarades pour dire non à l’Occupant ? Cette maturité et ce courage qui, à cette époque si noire, manquaient à tant d’adultes, Jacques Lusseyran, les a eus dans la fleur de l’âge. Lorsque j’étais moi-même lycéen, j’aurais aimé qu’un livre me fasse connaître un tel destin. Peut-être même ai-je secrètement écrit Le Voyant pour le lycéen que j’ai été autrefois…

J’aimerais savoir si c’est une biographie au sens strict du terme ou plutôt une biographie romancée. En tout cas un grand bravo pour cet ouvrage poignant.
Le genre de ce livre correspond moins pour moi à une biographie classique qu’à un exercice d’admiration. Mais il contient, évidemment, des éléments biographiques nécessaires à la découverte d’un homme que personne, ou presque, ne connaissait. Sachez dans tous les cas que rien n’y est romancé. Contrairement à d’autres de mes livres (sur Jean de La Ville de Mirmont, Hérault de Séchelles ou Etienne Beudant), où j’ai pris plaisir à réinventer d’authentiques personnages historiques, j’ai tenu à être fidèle à la vie brève de Lusseyran. J’ajoute que, selon moi, nul n’est autorisé à « romancer » l’enfer des camps de la mort. Sauf ceux qui l’ont vécu.

Pourquoi avoir fait le portrait de cet homme ?
J’ai écrit Le Voyant pour deux raisons très précises : remettre dans la lumière et dans notre histoire collective un homme exceptionnel que la France avait oublié ; et tenter de prouver que nous avons tous à gagner à fréquenter, aujourd’hui, un écrivain – car il était d’abord écrivain – dont chaque ligne nous apprend à résister à tout ce qui avilit et nous enseigne à ouvrir les yeux.

Quelles sont les étapes du travail d’écrivain pour ce type de roman ?
Je n’ai pas fait un travail de biographe et je ne me suis pas enfermé dans les bibliothèques. (Je connaissais bien la période pour avoir écrit, en 1994, un livre sur un autre écrivain-résistant, tué dans le Vercors en 1944 : Jean Prévost).
En fait, j’ai eu une chance inouïe : Claire, la fille de Jacques Lusseyran, a mis à ma disposition ses archives personnelles, les photos et les nombreux textes non publiés de son père. Dès lors, il ne me restait plus qu’à écrire ce portrait que je voulais à la fois personnel et empathique.

Quelles ont été les rencontres déterminantes avant / pendant / après l’écriture ?

Avant, c’est ma rencontre avec Claire Lusseyran qui a été déterminante. Et après (ce que je raconte dans la postface à l’édition Folio), ce sont toutes celles et tous ceux qui sont venus à moi après avoir lu Le Voyant : Pascal, le frère cadet de Jacques Lusseyran ; Jean-Marc, son fils ; Jacques Bloch, son camarade de déportation à Buchenwald, et beaucoup d’autres encore.

Combien de temps pour un tel projet ?

Environ deux années. Mais pas deux années pleines, car je n’ai jamais cessé, en écrivant ce livre, d’exercer, dans un hebdomadaire et à la radio, mon travail de journaliste.
Comment réaliser la promotion d’un tel roman ?
Je n’ai jamais eu le sentiment de faire « la promotion » de ce livre. J’avais plutôt l’impression d’être l’apôtre de Lusseyran : je voulais d’ailleurs tellement le faire connaître que j’incitais les lecteurs à lire en priorité ses textes, Et la lumière fut et Le monde commence aujourd’hui.

Pensez-vous que ce roman puisse intéresser de jeunes lecteurs ? Pourquoi ?

Je ne sais pas si j’y suis parvenu, mais c’est d’abord aux jeunes lecteurs que j’ai toujours rêvé de faire connaître, de faire aimer cet aveugle de 17 ans qui voulait répandre, dans le Paris occupé, « la vérité, la confiance et le courage ».

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